Itinéraire de la Plaine

Chaque colline de cette région - ou presque - fut habitée à un stade ou à un autre de l’Histoire. La culture de l’olive constituait naguère un secteur économique important, qui laissa derrière lui divers vestiges et des oliveraies. C’est également ici qu’à l’époque moderne, se déroulèrent les premières tentatives de production industrielle d’huile d’olive. Enfin, ce circuit vous fournit l’occasion de visiter Jérusalem, la ville éternelle.

 

C’est depuis le parking de la grande mosquée de Lod, au bout de la rue Golombe, que débutera ce circuit. De la célèbre industrie de l’huile de Lod, il ne reste que quelques vestiges, sous forme de la Maison des arcs – un imposant bâtiment ottoman, demeuré presque intact, avec, à l’intérieur, un broyeur de pressoir. Dans la rue Golomb, se dressent sur deux étages les ruines d’un autre pressoir. Dans l’une et l’autre bâtisse, on oeuvrait non seulement à la fabrication d’huile d’olive, mais encore à la production d’un savon réputé, de tekhina et de halva. Avant de quitter Lod, il vous faut visiter le pont Jindès, datant de l’époque mamelouk et proche de la zone industrielle nord de la ville.


Depuis Lod, dirigez-vous vers l’est (route 443) en direction du moshav Ben Shemen. Expliquez au gardien que vous souhaitez visiter l’ancien Ben Shemen et il ouvrira pour vous le portail. Atteignez, par la rue du moshav, l’entrée de l’ancienne cour, qui fait aujourd’hui partie du village d’adolescents Ben Shemen. Dans ce secteur, l’industrie de l’huile est active depuis des millénaires, comme le prouvent les ruines de pressoir découvertes lors des fouilles effectuées ici. Un dispositif de pressoir d’huile de l’âge de bronze (voilà plus de 2 500 ans) présente un intérêt particulier. C’est un bloc de pierre de 70 cm, évidé à l’intérieur. Sur la pierre est creusé un sillon circulaire. L’huile produite par la pâte d’olives écrasées contre la pierre s’écoulait par un trou vers l’intérieur de la pierre. Dans la cour, d’autres vestiges de pressoirs et des mosaïques décorées de l’époque byzantine.

Dans un passé plus récent, ces lieux étaient également liés à la production de l’huile d’olive. En 1904, l’ingénieur et pionner de la fabrication industrielle Nahum Wilbush fonda cette manufacture d’huile, appelée Hadid. Plus tard, l’entreprise connut des difficultés financières et en 1914, elle ferma ses portes. A l’heure actuelle, il n’en subsiste rien. De cette aventure, il resta le nom de Ben Shemen (shemen : huile en hébreu), qui modifia d’ailleurs son nom en l’an 2000 et s’appelle désormais Kerem Ben Shemen.


Avant de quitter les lieux, rendez-vous à l’extrémité du village. A cet endroit, Boris Shatz, le fondateur de (l'Ecole des beaux arts) Bezalel, créa un village d’orfèvres yéménites. La plupart des maisons de l’époque sont doublées aujourd’hui de bâtiments modernes. La plupart des oliveraies de la région n’existent plus, mais votre prochaine étape sera une belle plantation qui a perduré jusqu’à nos jours : Tel Hadid. Prenez la route en direction de l’est (route 443), en dépassant le carrefour Ben Shemen et en entrant à droite dans la forêt de Ben Shemen. Empruntez le premier chemin de terre à votre droite coupant la route, sous le pont, et vous arriverez au bout d’un kilomètre et demi à Tel Hadid. Ce tell est entouré de magnifiques oliveraies, entretenues aujourd’hui par le KKL. Il ne vous reste plus qu’à sortir de votre voiture et à vous promener parmi les arbres. Il vaut aussi la peine de monter au sommet de Tel Hadid, pour profiter du panorama remarquable sur la plaine côtière. Au sommet du  tell, se trouve une aire de loisirs dans la nature.

Votre prochaine étape sera le Parc Ayalon, à l’est du carrefour de Latrun. La vallée de sources et les pentes qui l’entourent sont recouvertes de bosquets, dont de nombreux oliviers. Une route asphaltée fait le tour de la vallée, et offre une vue exceptionnelle sur le paysage. Un bosquet d’une beauté toute particulière se trouve dans la partie est du parc, près de Tel Ayalon (voir signalisation).

D’autres sites abondent dans ce Parc national, liés aux sources et aux bains d’Emmaüs, dont la notoriété remonte à l’époque romaine. Près du parc, se dressent les vestiges des églises d’Emmaüs. A leurs côtés, on découvre également les ruines d’un pressoir. Une visite au monastère de Latrun (monastère trappiste), tout proche, s’impose. Un pressoir y fonctionne et les produits dérivés de l’huile d’olive y sont vendus.


Votre itinéraire se poursuit vers Shaar haGaï, puis vers le sud en direction de Bet Jubrin (route 38). Il vous faut dépasser Bet Shemesh et vous diriger vers l’est par une route bien tracée qui monte vers le monastère Bet Jamal en serpentant parmi de superbes oliviers. L’aire de stationnement est tout proche de cet ancien monastère, édifié en 1811. Près de lui , le nouveau monastère des sœurs de Bethléem, fondé en 1988. C’est de ce point que vous entamerez une promenade à pied dans l’oliveraie. Redescendez sur 700 mètres la route par laquelle vous êtes arrivés, et prenez à gauche le premier chemin de terre. Vingt mètres plus loin, se dresse au bord du chemin un imposant olivier… mais ce n’est pas celui-là. Le chemin se poursuit, tourne à gauche et longe de nouvelles plantations d’oliviers. Au bout de 600 mètres, vous arriverez à une terrasse sur laquelle s’érige un olivier superbe, de dimensions surprenantes, puisqu’il a presque huit mètres de circonférence. Vous pouvez alors revenir sur vos pas. Les plus aventureux pourront gravir le versant de la colline et rejoindre le monastère salésien par un chemin plus court mais moins bien tracé.


En quittant Bet Jamal, poursuivez votre route vers le sud. Non loin du moshav Zakharia, quelques oliveraies, puis à trois kilomètres de là, à gauche de la route, près de Guivat Ishayahou, vous trouverez les bureaux du KKL. Le gardien vous ouvrira le portail afin que vous puissiez admirer le parc archéologique proche de l’entrée, qui propose, outre des pressoirs de la région, divers outils agricoles.


Dernière étape de votre itinéraire, le Parc national Bet Jubrin. On y voit d’antiques oliviers, à l’ombre desquels se dressent des tables de pique-nique. Les nombreuses cavernes autour de Tel Maresha invitent à une passionnante visite. Dans l’une d’elles (numéro 5), sur les pentes est de Tel Maresha, un pressoir complet, de l’époque hellénistique,  a été reconstitué. Le dispositif comprend un broyeur, avec une pierre supérieure en forme de lentille. A côté du broyeur, trois dispositifs de pressurage. Dans l’un d’eux, on peut voir la poutre du pressoir et les poids, reconstituant exactement la façon d’attacher les poids à la poutre et de les tirer. Autour de Maresha, on a découvert une vingtaine de ces mécanismes, ce qui témoigne de l’importance de l’olive dans l’économie de la région.


D’ici, vous vous rendrez à Jérusalem, notre dernière étape, une cité à laquelle il faut consacrer plusieurs jours. En ce qui concerne les sites de Jérusalem liés à l’olive, cf. « La route de l’olivier » sur cette carte.


Longueur de l’itinéraire : 65 kilomètres à peu près.

Saison de la cueillette des olives : mi-octobre jusqu’à mi-novembre.